Selon CHEQ, jusqu’à 40 % des signaux envoyés aux pixels publicitaires peuvent provenir de trafic invalide. Le problème ne se limite donc pas aux clics suspects : il peut aussi venir contaminer les signaux d’optimisation consommé par les plateformes publicitaires. (cheq.ai)
Pour un annonceur B2B, c’est un sujet critique.
Les dashboards publicitaires donnent souvent une impression de contrôle.
Le CTR progresse.
Le CPA baisse.
Le volume de conversions augmente.
Le ROAS semble correct.
Mais une question reste souvent sans réponse : quelle part de cette performance provient réellement d’un trafic utile pour l’entreprise ?
Un clic peut être facturé sans traduire une intention réelle. Une conversion peut être comptabilisée sans devenir un lead exploitable. Une campagne peut afficher un coût par acquisition attractif tout en alimentant les algorithmes publicitaires avec des signaux de mauvaise qualité.
C’est là que les indicateurs classiques atteignent leurs limites. Ils mesurent la performance apparente. Ils mesurent moins bien la qualité réelle des signaux qui alimentent cette performance.
À retenir
Le SIP ne remplace pas un audit anti-fraude. Il sert à mesurer la fiabilité des signaux qui pilotent vos campagnes : trafic, clics, conversions et placements. Plus le score est faible, plus le risque de piloter votre budget sur des données biaisées augmente.
Le Score d’Intégrité Publicitaire, ou SIP, répond à ce problème.
Le SIP est une grille d’analyse qui permet d’évaluer le niveau de risque d’une campagne publicitaire selon quatre dimensions à la fois quantitative et qualitative : la qualité du trafic, la qualité des clics, la qualité des conversions et la qualité des placements.
Il ne prétend pas prouver automatiquement une fraude. Il permet de structurer le doute, de prioriser les vérifications et de mieux relier les données média aux données business.
Son objectif est simple : aider les CMO, Media Buyers, Traffic Managers et responsables acquisition à répondre à une question plus stratégique que “combien avons-nous généré de clics ?”
Cette question est : pouvons-nous faire confiance aux signaux qui pilotent nos campagnes ?
Pourquoi les KPIs classiques ne suffisent plus
Les plateformes publicitaires donnent accès à des dizaines d’indicateurs : impressions, clics, CTR, CPC, conversions, CPA, ROAS, taux d’impressions, taux de conversion.
Ces indicateurs sont utiles. Mais pris isolément, ils peuvent créer une lecture biasé de la mesure de la performance. Et voici pourquoi :
Le CTR ne mesure pas la qualité du clic
Le CTR indique qu’une annonce a été cliquée. Il ne dit pas si le clic vient d’un prospect réel, d’un utilisateur qualifié, d’un clic accidentel, d’un environnement de faible qualité ou d’un comportement automatisé.
Un CTR élevé peut être positif. Il peut signaler une annonce pertinente, une bonne accroche ou un ciblage efficace.
Mais il peut aussi signaler des problèmes : emplacements display trop incitatifs, applications mobiles peu qualifiées, clics invalides concentrés sur quelques sources, comportements répétitifs ou automatisés.
Le clic est un point d’entrée, mais pas forcement une preuve d’intention.
Signal principal à surveiller : si votre CTR augmente fortement, mais que vos sessions engagées, vos conversions qualifiées ou votre pipeline ne progressent pas, les clics deviennent un signal à auditer.
Signaux secondaires indicatifs :
- CTR display inhabituellement élevé par rapport à votre historique ;
- CTR search très élevé sur des termes génériques ;
- concentration des clics sur un faible nombre de sources ;
- hausse des clics sans hausse des sessions engagées.
Le CPA peut masquer un problème de qualité
Le CPA est souvent utilisé comme indicateur de pilotage principal. C’est logique : il permet de connaitre le coût d’une conversion.
Mais en B2B, toutes les conversions ne se valent pas.
Un formulaire rempli n’est pas forcément un lead exploitable. Un téléchargement de livre blanc n’est pas forcément une opportunité commerciale. Un contact généré à faible coût peut être complètement hors cible, impossible à joindre ou sans intention d’achat réelle.
Un CPA bas peut donc cacher un coût commercial élevé.
Si les équipes Sales passent du temps à traiter des leads invalides, hors ICP ou injoinables, le coût réel d’acquisition augmente, même si le dashboard média semble performant.
Signal principal à surveiller : si le CPA baisse mais que le taux de qualification commerciale baisse aussi, la campagne génère peut-être simplement des conversions de moindre valeur.
Signaux secondaires indicatifs :
- baisse du taux de contact ;
- hausse du taux de no-show ;
- leads hors ICP en augmentation ;
- emails génériques en proportion croissante ;
- volume de conversions en hausse sans progression du pipeline.
Le ROAS peut être faussement rassurant
Le ROAS mesure un rendement déclaré. Mais ce rendement dépend directement de la qualité des événements remontés au sein des plateformes publicitaires.
Si une campagne optimise sur des micro-conversions faibles, des événements mal configurés ou des signaux d’optimisation pollués par du trafic invalide, le ROAS peut proposer une lecture bien trop optimiste.
Le sujet n’est pas uniquement la fraude publicitaire. Le sujet est plus large : la fiabilité des signaux d’optimisation.
Une plateforme publicitaire apprend à reproduire les signaux qu’on lui partage. Si ces signaux sont faibles, faux ou pollués, l’algorithme peut optimiser dans la mauvaise direction.
Signal principal à surveiller : si le ROAS augmente dans la plateforme mais que le chiffre d’affaires réel, le pipeline ou la qualité commerciale ne suivent pas, il faut auditer la chaîne de mesure.
Signaux secondaires indicatifs :
- ROAS en hausse dans Performance Max sans visibilité claire sur la qualité des sources ;
- hausse des conversions assistées sans hausse du pipeline ;
- progression des micro-conversions sans progression des ventes ;
- écart croissant entre performance plateforme et performance CRM.
Qu’est-ce que le Score d’Intégrité Publicitaire ?
Le Score d’Intégrité Publicitaire est une métrique composite, notée de 0 à 100, qui évalue le niveau de risque associé à la qualité d’une campagne publicitaire.
Il ne mesure pas simplement le risque de fraude. Il mesure l’intégrité globale des signaux publicitaires.
Le SIP analyse notamment :
- la qualité du trafic post-clic ;
- la cohérence entre clics média et sessions analytics ;
- la qualité réelle des conversions ;
- la fiabilité des placements publicitaires ;
- les anomalies horaires ou géographiques ;
- les écarts entre performance média et performance business ;
- les signaux potentiels de trafic invalide ;
- les limites de tracking liées au consentement, aux ad blockers ou aux configurations analytics.
Le SIP ne doit jamais être présenté comme une preuve automatique de fraude. C’est un score de risque / d’exposition.
Un SIP faible ne veut pas dire : “tout est frauduleux”.
Il veut dire : “les signaux disponibles ne permettent pas de piloter sereinement le budget.”
| Score SIP | Niveau | Lecture business | Action recommandée |
|---|---|---|---|
| 80-100 | Sain | Données cohérentes, risque faible | Surveillance mensuelle |
| 60-79 | Vigilance | Signaux à contrôler | Audit ciblé |
| 40-59 | Risque élevé | Qualité média incertaine | Audit complet sous 30 jours |
| 0-39 | Critique | Budget potentiellement exposé | Audit urgent |
Pourquoi un SIP de 100/100 est rarement réaliste
Un score parfait est théorique.
Même une campagne bien configurée peut contenir une part de trafic invalide, des écarts de tracking ou des signaux incomplets. L’objectif n’est donc pas de promettre une campagne “zéro fraude”. L’objectif est de distinguer le bruit de fond acceptable des signaux qui peuvent réellement biaiser la performance.
Le Media Rating Council distingue notamment le GIVT, appelé General Invalid Traffic, du SIVT, ou Sophisticated Invalid Traffic. Le GIVT désigne des formes de trafic invalide généralement détectables par des méthodes routinières de filtration. Le SIVT désigne des formes plus complexes, qui nécessitent des analyses avancées, parfois multi-sources ou avec intervention humaine.
Cette distinction est essentielle.
Toutes les anomalies ne se valent pas.
| Niveau | Lecture |
|---|---|
| Bruit de fond | Anomalies limitées, explicables ou filtrées |
| Signal faible | Incohérences à surveiller |
| Signal critique | Risque élevé pour le budget, l’optimisation ou la qualité des leads |
Le SIP s’inscrit dans cette logique. Il ne remplace pas une investigation technique. Il aide à prioriser les zones où le doute devient coûteux.
Les 4 dimensions du SIP
Le SIP repose sur quatre dimensions complémentaires.
| Dimension | Poids | Ce qu’elle mesure | Sources principales |
|---|---|---|---|
| Qualité du trafic | 30 points | Comportement post-clic | GA4, analytics, logs |
| Qualité des clics | 20 points | Cohérence média / analytics | Google Ads, Meta Ads, GA4 |
| Qualité des conversions | 30 points | Valeur réelle des leads ou achats | CRM, GA4, back-office |
| Qualité des placements | 20 points | Exposition à des environnements à risque | Rapports placements, PMax, display, apps |
Les seuils et signaux présentés ci-dessous sont des repères d’audit. Ils ne constituent pas des preuves de fraude. Ils doivent être interprétés selon le secteur, le contexte client, le canal, le pays, la typologie de campagne, le type de landing page vers laquelle elle pointe, L’UX des pages, l’historique du compte et la maturité du tracking.

Dimension A – Qualité du trafic
La qualité du trafic mesure ce qui se passe après le clic.
Un trafic sain n’est pas seulement un trafic qui arrive sur le site. C’est un trafic qui présente un comportement cohérent avec l’intention attendue.
Les signaux analysés peuvent inclure :
- sessions très courtes ;
- absence d’engagement ;
- taux de rebond inhabituellement élevé sur trafic payant ;
- pics horaires atypiques ;
- pas d’interaction avec la bannière de consentement ;
- géographies incohérentes avec le ciblage ;
- répétitions d’IP ou de user-agents ;
- séquences de navigation identiques ;
- absence de profondeur de visite ;
- forte concentration sur une seule landing page.
Un taux d’engagement faible ne prouve pas une fraude. Il peut aussi traduire le choix d’une mauvaise landing page, un problème sur mobile, un temps de chargement trop long ou une promesse publicitaire mal alignée.
Mais lorsque plusieurs signaux faibles apparaissent ensemble, le niveau de risque augmente.
Signal principal à surveiller : une hausse brutale des sessions très courtes sur une zone géographique non prioritaire.
Signaux secondaires indicatifs :
- sessions inférieures à quelques secondes ;
- taux de rebond élevé uniquement sur le trafic payant ;
- pics de sessions sur des horaires atypiques ;
- concentration excessive sur une seule landing page ;
- trafic provenant de pays non ciblés ;
- comportement récurent sur un grand nombre de sessions.
Dimension B – Qualité des clics
La qualité des clics mesure la cohérence entre ce que la plateforme publicitaire facture et ce que l’écosystème analytics est en mesure d’observer.
Un écart entre clics publicitaires et sessions analytics n’est pas automatiquement suspect. Google rappelle que les clics et les sessions sont deux métriques différentes, que l’on ne mesure pas au même endroit. Plusieurs facteurs peuvent expliquer un décalage : tracking absent, lien de redirections, auto-tagging, configuration analytics, bandeau de consentement ou les différences de définition entre clic et session. (Aide Google)
Mais certains écarts doivent être investigués, notamment lorsqu’ils sont concentrés sur :
- une campagne ;
- un groupe d’annonces ;
- un pays ;
- une heure ;
- un appareil ;
- un réseau ;
- un placement spécifique.
Les signaux analysés peuvent inclure :
- écart important entre clics Ads et sessions GA4 ;
- CTR inhabituellement élevé pour le canal ;
- hausse des clics sans hausse des sessions engagées ;
- concentration des clics sur quelques sources ;
- clics nombreux sans progression CRM ;
- répétition de clics depuis des environnements similaires.
Signal principal à surveiller : le CTR double, mais les sessions engagées et les conversions qualifiées elles ne bougent pas.
Signaux secondaires indicatifs :
- écart Ads / GA4 concentré sur un seul pays ;
- écart concentré sur une seule campagne ;
- hausse des clics uniquement sur le réseau display ;
- hausse du CPC sans amélioration du trafic engagé ;
- clics nombreux sur mobile sans comportement post-clic cohérent.
Dimension C – Qualité des conversions
C’est souvent la dimension la plus importante pour les annonceurs B2B.
Une conversion publicitaire n’a de valeur que si elle correspond à une intention réelle et à un potentiel business.
Le SIP analyse donc ce qui se passe après la conversion média.
Les signaux analysés peuvent inclure :
- leads impossibles à contacter ;
- emails invalides ou génériques ;
- numéros de téléphone erronés ;
- entreprises hors cible ;
- pays non prioritaires ;
- formulaires remplis trop rapidement ;
- conversions sans événement analytics cohérent ;
- hausse des micro-conversions sans hausse des opportunités ;
- baisse du taux de qualification commerciale ;
- décalage entre conversions plateforme et pipeline CRM.
Un point mérite une attention particulière : la vitesse de conversion.
Si un formulaire B2B long est rempli quelques secondes après le chargement de la page, ce signal doit être analysé. Cela ne prouve pas automatiquement un comportement frauduleux, mais cela devient un indicateur utile lorsqu’il est croisé avec la durée de session, l’IP, le user-agent, le pays, la source média et la qualité CRM.
C’est typiquement le type de signal qui peut enrichir un futur dashboard SIP.
Signal principal à surveiller : le volume de leads augmente, mais le taux de contact ou de qualification commerciale baisse.
Signaux secondaires indicatifs :
- temps de remplissage anormalement court sur des formulaires longs ;
- taux de no-show des rendez-vous en hausse ;
- emails génériques en proportion croissante ;
- leads hors ICP en augmentation ;
- augmentation du nombre de formulaires soumis sans hausse des opportunités ;
- baisse du taux de transformation des MQL en SQL (Marketing Qualified Leads à Sales Qualified Leads)
Dimension D – Qualité des placements
La qualité du placement mesure les environnements, positionnement, moments où les annonces sont diffusées.
Cette dimension est particulièrement importante pour :
- display ;
- YouTube ;
- Performance Max ;
- Demand Gen ;
- réseaux d’audience ;
- apps mobiles ;
- inventaires programmatiques ;
- placements à transparence limitée.
Les signaux analysés peuvent inclure :
- forte part du budget sur des emplacements non audités ;
- sites sans cohérence avec la cible ;
- apps mobiles peu pertinentes ;
- domaines générant beaucoup de clics mais peu d’engagement ;
- absence de listes d’exclusion ;
- concentration budgétaire sur un faible nombre d’emplacements ;
- placements avec beaucoup de conversions mais peu de leads au final ;
- inventaire opaque ou difficile à qualifier ;
- visibilité limitée sur les sources de diffusion les plus contributrices.
L’objectif n’est pas de rejeter automatiquement les campagnes automatisées. Elles peuvent être performantes. Mais plus l’achat média est automatisé, plus la qualité des signaux d’entrée et de sortie devient critique.
Signal principal à surveiller : une part importante du budget est absorbée par des emplacements que l’équipe marketing ne peut pas expliquer ou qualifier.
Signaux secondaires indicatifs :
- budget display actif sans liste d’exclusion récente ;
- apps mobiles générant beaucoup de clics mais peu de sessions engagées ;
- domaines avec fort volume et faible qualité CRM ;
- emplacements difficiles à relier à une intention business ;
- conversions issues d’environnements peu cohérents avec la cible.
Visualisation SIP : le radar des 4 dimensions
Le Score d’Intégrité Publicitaire peut être visualisé sous forme de graphique radar à quatre axes :
- trafic ;
- clics ;
- conversions ;
- placements.
Cette visualisation permet d’éviter une lecture trop simpliste.
Une campagne peut avoir un trafic relativement sain, mais des placements faibles.
Une autre peut générer beaucoup de conversions, mais peu de leads qualifiés.
Une troisième peut avoir un bon CPA, mais un écart important entre clics média et sessions analytics.
Exemple de lecture :
| Dimension | Score |
|---|---|
| Trafic | 24 / 30 |
| Clics | 11 / 20 |
| Conversions | 14 / 30 |
| Placements | 8 / 20 |
| SIP total | 57 / 100 |
Dans cet exemple, le problème principal ne vient pas du trafic global. Il vient surtout des placements et de la qualité des conversions.
C’est précisément l’intérêt du SIP : il ne dit pas seulement “le score est moyen”. Il indique où regarder en priorité.
Comment calculer son SIP manuellement
Pour calculer un SIP exploitable, il faut croiser plusieurs sources de données.
Les données média
À extraire depuis Google Ads, Meta Ads, LinkedIn Ads ou autre plateforme publicitaire :
- campagnes ;
- groupes d’annonces ;
- impressions ;
- clics ;
- CTR ;
- CPC ;
- coûts ;
- conversions ;
- heures ;
- pays ;
- appareils ;
- réseaux ;
- emplacements ;
- termes de recherche si disponibles.
Les données analytics
À extraire depuis GA4 ou une solution équivalente :
- sessions ;
- utilisateurs ;
- taux d’engagement ;
- durée moyenne d’engagement ;
- événements ;
- conversions ;
- landing pages ;
- source / medium ;
- parcours de navigation ;
- pages vues ;
- géographies ;
- appareils.
Les données CRM ou business
À extraire depuis HubSpot, Salesforce, Pipedrive, Airtable ou le CRM interne :
- lead contacté ou non ;
- lead qualifié ou non ;
- entreprise ;
- secteur ;
- pays ;
- taille d’entreprise ;
- statut commercial ;
- opportunité créée ;
- montant de pipeline ;
- chiffre d’affaires généré.
Les logs serveur pour le SIP Pro
Pour une analyse avancée, les logs serveur deviennent précieux.
Ils peuvent permettre d’observer des signaux que les outils analytics ne captent pas toujours, notamment lorsque le consentement, les ad blockers, les redirections ou les limites de tracking réduisent la visibilité.
Les logs peuvent inclure :
- adresse IP ;
- user-agent brut ;
- timestamp ;
- URL demandée ;
- fréquence des requêtes ;
- codes HTTP ;
- séquence de navigation ;
- pays ou ASN ;
- comportements répétitifs.
Le SIP Pro ne dépend donc pas uniquement des plateformes publicitaires. Il revient à une donnée plus brute, utile pour lever certains doutes techniques.
Méthode de scoring indicative
Voici une méthode simple pour produire un premier Score d’Intégrité Publicitaire.
| Dimension | Score max | Méthode indicative |
|---|---|---|
| Qualité du trafic | 30 | Retirer 5 à 10 points par anomalie forte |
| Qualité des clics | 20 | Retirer 5 points par incohérence non expliquée |
| Qualité des conversions | 30 | Retirer selon la part de leads invalides ou hors cible |
| Qualité des placements | 20 | Retirer selon l’opacité, la concentration ou la faible qualité |
Exemple :
| Dimension | Score obtenu |
|---|---|
| Qualité du trafic | 21 / 30 |
| Qualité des clics | 13 / 20 |
| Qualité des conversions | 16 / 30 |
| Qualité des placements | 10 / 20 |
| SIP total | 60 / 100 |
Un SIP de 60 ne signifie pas que la campagne est frauduleuse. Il indique que la qualité média doit être surveillée, et que certaines zones méritent un audit ciblé avant d’augmenter le budget.
Les causes hors fraude à vérifier avant de conclure
Un diagnostic sérieux doit toujours éliminer les explications non frauduleuses avant de conclure à un risque de fraude.
À vérifier de manière systématique :
- bonne installation de GA4 ;
- déclenchement des balises GTM ;
- configuration du Consent Mode ;
- cohérence des UTMs ;
- présence de l’auto-tagging ;
- redirections actives ;
- temps de chargement des pages ;
- erreurs mobile ;
- duplications de conversions ;
- changements récents de landing page ;
- changements récents de ciblage ;
- mise a jour et fonctionnement du checkout ;
- problèmes de synchronisation CRM ;
- écarts normaux entre clics et sessions.
Sans cette étape, le risque est de confondre fraude publicitaire, mauvais tracking, consentement incomplet et expérience utilisateur dégradée.
Le SIP n’est pas un raccourci. C’est une méthode d’investigation.
Les 3 versions du SIP
Toutes les entreprises n’ont pas le même niveau de maturité data. Le SIP peut donc exister en trois versions.
| Version | Données utilisées | Niveau de confiance | Usage |
|---|---|---|---|
| SIP Lite | Questionnaire déclaratif | Faible | Diagnostic gratuit |
| SIP Standard | Plateformes Ads + GA4 | Moyen | Audit flash |
| SIP Pro | Ads + GA4 + CRM + logs | Fort | Audit complet |
SIP Lite
Le SIP Lite repose sur un questionnaire court.
Il permet d’identifier rapidement les comptes à risque, même sans accès aux données publicitaires.
Exemples de questions :
- Comparez-vous les clics publicitaires et les sessions analytics ?
- Analysez-vous les placements display, YouTube ou PMax ?
- Mesurez-vous la qualité commerciale des leads ?
- Suivez-vous les performances par pays, heure et appareil ?
- Distinguez-vous micro-conversions et conversions business ?
- Avez-vous une liste d’exclusion régulièrement mise à jour ?
SIP Standard
Le SIP Standard croise données publicitaires et données analytics.
Il permet d’identifier :
- les écarts clics / sessions ;
- les campagnes à faible engagement ;
- les anomalies horaires ;
- les zones géographiques incohérentes ;
- les placements suspects ;
- les conversions peu fiables.
SIP Pro
Le SIP Pro ajoute les données CRM et, si possible, les logs serveur en plus de l’approche métier.
Il permet de rapprocher les signaux média de la réalité business :
- leads contactés ;
- leads qualifiés ;
- opportunités ;
- pipeline ;
- chiffre d’affaires ;
- qualité par canal ;
- qualité par campagne ;
- comportements techniques suspects.

Auto-diagnostic SIP en 8 questions
Cochez les affirmations vraies pour votre compte publicitaire.
| Question | Oui | Non |
|---|---|---|
| Je compare chaque mois les clics publicitaires et les sessions analytics. | ||
| Je sais quelles campagnes génèrent les leads les moins qualifiés. | ||
| J’analyse les placements display, YouTube, PMax ou apps mobiles. | ||
| Je vérifie les performances par heure, pays et appareil. | ||
| Je distingue micro-conversions et conversions business. | ||
| Je connais le taux de leads contactables par canal. | ||
| J’ai une liste d’exclusion mise à jour régulièrement. | ||
| Je peux relier une partie de mes dépenses média au pipeline ou au chiffre d’affaires. |
Lecture rapide
| Nombre de “oui” | Niveau de risque probable |
|---|---|
| 7-8 | Risque faible |
| 5-6 | Vigilance |
| 3-4 | Risque élevé |
| 0-2 | Risque critique |
Ce diagnostic ne remplace pas un audit. Il permet d’estimer rapidement si vos campagnes sont pilotées avec suffisamment de visibilité.
Que faire si votre SIP est faible ?
Un SIP faible n’appelle pas forcément une coupure immédiate des campagnes. Il appelle une séquence de contrôle et une prise de recule sur la situation.
1. Nettoyer les signaux de conversion
Commencez par vérifier que les campagnes n’optimisent pas sur des événements faibles.
Par exemple :
- clic bouton ;
- visite page ;
- formulaire incomplet ;
- téléchargement non qualifié ;
- micro-conversion sans valeur commerciale.
L’objectif est de rapprocher l’optimisation média des signaux réellement utiles : lead qualifié, opportunité créée, vente, pipeline ou revenu.
2. Auditer les placements
Analysez les emplacements les plus consommateurs de budget.
Classez-les par :
- coût ;
- clics ;
- conversions ;
- sessions engagées ;
- leads qualifiés ;
- pays ;
- device.
Les placements qui génèrent beaucoup de volume mais peu de valeur doivent être exclus, surveillés ou isolés dans une campagne de test.
3. Rapprocher marketing et CRM
Le SIP devient vraiment utile lorsqu’il relie les données média aux données commerciales.
La question n’est plus seulement :
Quelle campagne génère le plus de conversions ?
La vraie question devient :
Quelle campagne génère les conversions les plus fiables et les plus utiles pour le business ?
C’est cette boucle qui transforme le SIP en outil de pilotage.
FAQ
Quelle est la différence entre le SIP et le ROAS ?
Le ROAS mesure un rendement déclaré. Le SIP mesure la fiabilité des signaux qui alimentent ce rendement, notamment la qualité du trafic, des clics, des conversions et des placements.
Une campagne peut avoir un bon ROAS dans la plateforme, mais un SIP faible si les conversions sont peu qualifiées, si les placements sont opaques ou si les écarts analytics sont importants.
Le ROAS répond à la question : “combien la campagne semble rapporter ?”
Le SIP répond à la question : “peut-on faire confiance aux signaux qui produisent cette performance ?” et en creux est ce réplicable.
Le SIP prouve-t-il une fraude publicitaire ?
Non.
Le SIP mesure simplement un niveau de risque, c’est un indice, il ne prouve pas automatiquement une fraude.
Un score faible peut venir de plusieurs causes :
- trafic invalide ;
- mauvais tracking ;
- Consent Mode mal configuré ;
- landing page faible ;
- ciblage trop large ;
- placements peu qualifiés ;
- événements de conversion mal paramétrés ;
- données CRM incomplètes.
Le SIP sert à prioriser les investigations.
Peut-on calculer un SIP sans outil anti-fraude ?
Oui, mais avec un niveau de confiance limité.
Un SIP Lite peut être calculé avec un simple questionnaire.
Un SIP Standard peut être calculé avec les données publicitaires et GA4.
Un SIP Pro nécessite des données CRM, voire des logs serveur.
Plus les données sont riches, plus le score devient fiable.
Quelle est la différence entre GIVT et SIVT ?
Le GIVT désigne du trafic invalide généralement détectable par des méthodes routinières de filtration.
Le SIVT désigne du trafic invalide plus sophistiqué, nécessitant des méthodes avancées d’analyse, une corroboration multi-points ou une intervention humaine selon les standards MRC.
Pourquoi suivre la qualité des conversions en B2B ?
Parce qu’un formulaire rempli n’est pas forcément un lead qualifié.
En B2B, une conversion utile doit pouvoir être rapprochée d’un signal business : lead contacté, lead qualifié, opportunité créée, pipeline ou chiffre d’affaires.
Le SIP aide à vérifier si les conversions publicitaires ont une valeur commerciale réelle.
Pourquoi mon agence ne me parle pas du SIP ?
Le SIP est une grille de lecture propriétaire développée par Adnostik dans le cadre du projet Ad Fraud Intelligence. Votre agence n’utilise donc probablement pas ce terme.
En revanche, les sujets couverts par le SIP devraient faire partie d’un pilotage média mature :
- qualité du trafic ;
- cohérence clics / sessions ;
- qualité des conversions ;
- analyse des placements ;
- trafic invalide ;
- qualité CRM ;
- fiabilité des signaux d’optimisation.
Le SIP permet simplement de regrouper ces sujets en une méthode compléte, lisible et actionnable.
Conclusion
Le Score d’Intégrité Publicitaire n’est pas un indicateur de plus dans un dashboard déjà saturé.
C’est une méthode pour répondre à une question que les annonceurs posent encore trop rarement :
la performance que je vois dans mes campagnes est-elle réellement fiable ?
Dans un environnement publicitaire de plus en plus automatisé, la qualité des signaux devient un avantage concurrentiel. Les plateformes optimisent sur base de ce qu’on leur partage. (le fameux GIGO) Si les données sont faibles, incomplètes ou polluées, l’algorithme peut apprendre dans la mauvaise direction.
Le SIP aide à reprendre le contrôle.
Il relie les clics, les sessions, les conversions, les placements et la qualité commerciale dans une même grille de décision.
Son ambition n’est pas de remplacer les plateformes publicitaires, les agences ou les outils d’ad verification. Son rôle est de donner aux équipes marketing des clés de lecture plus fiables de leurs campagnes, de leurs risques et de leurs priorités d’audit.
Un bon pilotage média ne consiste pas seulement à acheter plus de trafic.
Il consiste aussi à mieux mesurer la qualité du trafic déjà acheté.
